Bolivie - Tour et Détours d'Alexis SOLOVIEFF

 

Maison ...

Bolivie

 

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Chili

15/08/2002

01/09/2002



On dit que la Bolivie est le Tibet des Andes, tellement ses régions nous rapprochent de l'absolue beauté.

 



15/08/2002: La Paz


La Paz: 1 293 000  âmes.
Capitale de la Bolivie
3000 à 4100 mètres



http://www.boliviaweb.com/cities/lapaz.htm


La Paz est la capitale des records :

Celui de la plus haute capitale, de la route la plus haute, du plus haut lac navigable, de la plus haute station de ski, ...

L'arrivée sur la capitale est superbe. On descend des quartiers les plus pauvres (Ceux des indiens) vers la mégapole.

 

La partie résidentielle se situe tout en bas de la ville, là ou la température est plus clémente ( 3 à 4 ° C, ça compte !!! ).
Les trottoirs ici sont des escaliers et il ne faut pas avoir le souffle court pour grimper jusqu'à mon hôtel. Il est simple et bon marché ( 32 bols, environ 5 euros  ) :

Residencial ¨Latino¨
Calle Junìn N0 8570
La Paz
Bolivie

 

Une partie de La Paz connaît le 220V mais pas la chambre de mon hôtel. J'ai compris en partant pourquoi les batteries de mon appareil photo s'épuisaient en 5 minutes sans crier gare.



16/08/2002: La Paz - Premier jour - El Correo


"El correo principal por favor".

La pomme d’adam et le cœur en écharpe, je vais chercher le paquet poste restante que m'a envoyé mon père. Guichet 30. Pour deux sols, je retire mon paquet. Difficile de vous faire partager ici ce curieux mélange d'impressions : Reconnaître l'écriture d'un être cher, la taille du paquet, la ficelle plusieurs fois enroulée autour du colis. Je me surprends à  retarder le moment de l'ouverture du paquet, à défaire la ficelle sans la couper, comme un enfant le lendemain de Noël. Du bonheur en boîte.

La ciudad ne m'enchante pas. Je suis heureux d'arriver dans la première ville d'Amérique du sud connaissant et appréciant le café.

La Bolivie, c'est aussi la musique. Ce soir j'apprends à danser bolivien dans un club de la capitale. J'y suis d'ailleurs le seul gringo. Pour la première fois, on me lit l'avenir dans les feuilles de coca. Rien de plus simple, vous prenez quelques feuilles et les laissez tomber sur une table.

Vous n'avez plus qu'à lire. On m'a prédit ce soir que je voyagerai beaucoup. Ca à l'air de marcher !!!




17/08/2002: La Paz - Pick-pockets


10 heures. Je desahuyone (Buffet à volonté) au Gran Hotel Paris sur la plaza Murillo. C'est le plus vieil hôtel de Bolivie m'explique la gérante ( 1911 ?? ). Cette place est une des plus agréables de la capitale. L’immeuble législatif prend tout un côté.

 

Une vieille paire british frère-soeur s'intéresse de près à mon voyage. La fratrie s'ennuie dans ce restaurant suranné. Pour quatre euros, je déguste mes deux repas dans l'ambiance très feutrée de cet illustre palace.


Calle Mercado. Vous flânez tranquillement dans une rue commerçante de La Paz. Votre main se lève à hauteur de votre épaule pour essuyer cette énorme goutte d'eau sur cotre cou. Un homme vous bouscule pour vous empêcher d'écraser sa casquette sur le trottoir. Une femme s'excuse de façon très démonstrative pour vous avoir marché sur le pied... Vous n'êtes pas dupe et vous vous dégagez pour vérifier votre back pack. Tout va bien !

Trois minutes plus tard, l'explication... Une petite vieille t'a craché dessus, Alexis, afin que tu lèves ton bras.  Le reste de l'équipe a réussi à subtiliser ton paquet de cigarettes dans la poche de ton blouson. Bravo les artistes!

Photo






18/08/2002: La Paz - Internet


Une journée bien remplie à mettre à jour mon site.

Les rues de La Paz appartiennent aux voitures. Avez-vous jamais traversé la Place de l'Etoile à Paris?  Essayez de traverser une calle de La Paz et vous connaîtrez d'autres sensations encore. Si une voiture vous repère, accélération et klaxons. Le bipède est une gêne pour les quatre roues. Le tram aura d'ailleurs été idem éradiqué de la capitale.

C’est eux, les gars de la marine, qui s’ennuient enfermés pendant des heures dans un bus...

 

Museo Nacional De Arte: Intéressant immeuble du XVII ème siècle attachant. L'escalier d'honneur est une merveille d'art baroque. En Bolivie, les guides des musées vous font respecter un sens giratoire obligatoire!!! Cette règle serait de toutes façons anticonstitutionnelle en France, mais elle reste intéressante.



19/08/2002: La Paz - Office du tourisme - Le barbier


Ouverture de l'office du tourisme. Attente patiente et polie que madame termine ses trois coups de fils. Quelle est la meilleure voie pour rejoindre le Chili par la Bolivie?

Madame me regarde par-dessus ses lunettes. Elle fouille vainement dans ses papiers. En désespoir de renseignements, elle me donne l'adresse de la gare routière, à dix minutes de taxi. Gracias Señora.

 

De toute ma vie, jamais je n'avais eu affaire à un barbier. Ma barbe est blanche, brune et disparate. Son heure à sonné.


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C'est très agréable de se faire raser la barbe... Le rasoir suit la main de celui à qui j'ai confié ma tête. Travail d'expert. J'ai même droit à un massage du visage, de la tête et des épaules avec un appareil étrange qui vibre sous la paume de la main du coiffeur. 30 minutes environ pour 15 euros tout de même...

Photo   Photo  

 

20/08/2002: La Paz - Oruro

La décision de quitter La Paz est facile à prendre tant cette ville ne m'aura pas séduit. La mégapole se laisse admirer seulement de loin. Le spectacle de cette fourmilière occidentalisée présente pour moi peu d'intérêt. Je me rappellerai tout de même... Les cireurs de chaussures cagoulés jusqu'au nez car ils ont honte de leur condition, les trottoirs escaliers, les immeubles sales et décrépis, le  quartier indien quasiment interdit aux touristes, ces extraordinaires cabarets latinos..


Quelques détails chiffrés

                ( 1 bol = 1 franc environ. )



32 bols :      Une nuit dans un hôtel

       (pas cher, très vétuste et un peu froid.

         Pas de chauffage pour ce prix!)
8 bols :        Une heure d'internet !!!
100 bols :    Le barbier !!!
300 bols :    Le colis à expédier de 2kg5
30 bols :      Un repas correct
3 à 9 bols :   Un taxi





J'envoi un premier colis en direction de la France, cousu par les services de la poste!!! Il pèse 2kg5!!! Tout cela doit arriver dans environ un mois, en tarif économique.


Le check-out est à 14 heures, ma muchilla (sac à dos) consignée, je déambule jusqu'au mercado de los Brujos (le marché aux sorcières). On commerce ici d'ingrédients appréciés par la pacha mama (La dios de la mama terra).  Les indiens adorent la terre qui leur apporte tout , il est vrai. Si votre casa a des problèmes de stabilité, et si vous voulez lui assurer une longue vie, vous achetez ici un foetus de lama séché pour le placer sur votre cheminée, ou vous l'enterrez cérémonieusement dans votre jardin. La paz et la tranquillité habiteront alors à nouveau votre maison. La pacha mama apprécie aussi toute sorte d'objets sculptés, des crapauds séchés, des onguents, ... en vente exclusivement au marché de los Brujos (Pas encore disponible sur internet)

Redescente de la calle vers la modernité grouillante de l'Av. Mal Santa Cruz. Collation d' une saltena (beignet chaud de poulet aux oignons) pour me remettre de ces impressions colorées et direction le museo del oro. Superbe musée, sur l'artisanat précolombien d'or, d'argent et de cuivre. La porte de la salle de l'or s'ouvre par une impressionnante porte blindée. Une salle avec des momies dans leur habitat naturel...




Départ. Terminal de bus de La Paz. Un petit homme prend avec moi une salade de fruit en attendant le départ du bus. Je suis frappé par ses chaussures italiennes impeccables et son imperméable à la Colombo. Il m'explique que cette gare, c'est son oeuvre. La construction est à la française, claire et légère. Le petit vieux a raison d'être fier. Son histoire est un roman. Il a été espion pour les Etats-Unis pendant la guerre en U.R.S.S.  Pilote aérien, on le surnommait Grégory alors qu'il survolait l'Union soviétique.

 

 

Il a aussi laissé sa marque d'architecte sur les aéroports de Lima et de La Paz. Une demi-heure plus tard, j'apprends qu'il est américain et installé à Oruro. On continue la conversation en switchant alors à l'anglais…



21/08/2002: Oruro - Potosí

Oruro: 180 000 âmes.
Une préfecture de la Bolivie.

            21 heures. Ville minière glaciale et sans intérêt apparent. Un bolivien me fait payer son taxi en s'accompagnant à l'hôtel indiqué par mon guide. Trois hôtels successifs pour trouver celui qui descend sous les 4 euros.

Dîner hamburgueso chez Oggy; une énorme salle fadasse aux murs décrépis, à la peinture défraîchie. Le garçon me répète le comportement à adopter dans la rue à cette heure en me mimant les trois singes : Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire!
De faux-flics vous contrôlent et oublient de vous rendre argent et papiers, ou vous détroussent tout simplement dans un faux-taxi. Même mise en garde dans le bus et à
l'accueil de l'hôtel.

Jamais je n'aurai traversé une ville aussi canine. Truffe contre trou de balle, les chiens traversent, très affairés, les rues d'Oruro. Les voitures les klaxonnent sans ralentir. Mais la pérennité de la race bâtarde est assurée, les quadrupèdes copulent dans tous les coins.

 

Dans cette ville, un autre homme cagoulé. Celui qui court comme un dératée agitant une cloche pour annoncer le camion poubelle, quatre blocs derrière lui.

 

Je me promène dans le marché. Pendant un an, les habitants préparent un des plus extraordinaires carnavals du pays. Les paillettes et confettis sont déjà prêts pour la fête de l’année prochaine.

 

Photo



Départ d’Oruro. Bus à la nuit encore... Certains déplacements doivent être gagnés, celui vers Potosí fait partie de ceux là. Pas de choix cette fois, de toutes façons. Ni W.C. ni vidéo... la nuit pour 20 bols seulement (3 euros).

 

321 Km d’asphalte et de route goudronnée pour rejoindre la ville de Potosí.

Je m’équipe encore à la péruvienne car on fera tout le trajet à l’altitude de 4000 mètres. Toujours pas de couvertures cependant... mais mon voisin me laisse profiter un peu de la sienne. Mes genoux mènent un combat acharné avec le dossier devant qu’on essaye d’abaisser. Arrêt frigorifié pour une sopa, et arrivée sur les genoux tuméfiés à la gare routière de Potosí à 4h36. Le premier hôtel est glacial. J’y termine une nuit, sale, et en polaire sous la couverture. L’eau chaude est inexistante pour ce prix. Je paye et fuis vers l’hôtel Félimar, calle Junìn.

 

Hostal  ¨Felimar¨
Junìn N0 14 Esq. Bolivar
Potosí
Bolivia

 

            Pour le double, je n’ai toujours pas droit à une salle de bain mais la compagnie virtuelle d’une télévision année soixante m’enchante... L’image ondule et le son revient toutes les minutes. Luxe inutile, comme tous les luxes, deux chaînes et une antenne qui exige ma présence à un mètre pour jouer un rôle. Potosí est encore plus frais qu’Oruro ou La Paz, mais tellement plus jolie...

 

 



22/08/2002: Potosí

Potosí: 155 000 âmes.
4090 mètres

Habitants, les potosínos

 

Le 11 décembre 1987, l ‘Unesco déclare à Paris la ville de Potosí, comme site mondial historique pour la richesse de son histoire et de son passé colonial. Potosí est aussi la plus haute grande ville du monde (Plus élevée encore que la cité de Lhassa).

 

 

On flâne dans les rues de la ville avec bonheur. J’arpente les passages pentus de Potosí. Panneau pension (Hospedaje Maria) perché au dessus de l’atelier d’un tailleur. David (sic) me demande de s’extasier sur ses photos de famille, mais prends un air dépité en apprenant que je ne suis pas de sa confession. Il essaye de me convertir à force de dessins à la craie sur des morceaux d’étoffe. Je me taille laissant le petit tailleur juif tailler.

 

 

Le musée de la Casa de la moneda est un must. Cet édifice du XVIII ème siècle est insensé. Il contient fours, presses, tableaux, balances … Le coffre fort est en lui même un bijou d’orfèvrerie. Son unique clef ferme les douze serrures.

Les laminoirs sont de géants mécanismes actionnés par des mules puis par des travailleurs volontaires payés. (Une mule = 3 travailleurs)

Photo

 

 

Une étonnante collection de peinture et la Pintura de autor anónimo tìtulo coronaciòn de el virgen y el cerro rico de Potosí.

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L’Espagne, le pays qui a pillé les Amériques du Sud frappe aujourd’hui les bolivars. Et c’est dans un petit village breton que sont imprimés les billets de la monnaie bolivienne !!!

Devant le musée, des charlatantes de rue vendent de l'argent à 90% pour quelques bols. (?? !!!). Il faut dire que leur camelote brille.

      Dans la première cour de la maison de la monnaie, en 1856, un artista francés du nom d’Eugenio Mulón a tallado el Mascarón . Ce macaron est très moche mais très souriant. Il est devenu un des symboles de la ville.

Site du musée http://www.bolivian.com/cnm/

 

Dans le même ordre d’idée, une mention spéciale pour l’entreprise de télécommunication ENTEL qui a planté ses horribles tours dans toutes les grandes villes de Bolivie.

 

La torre de la Compania de Jesùs tranche superbement avec le bleu du ciel. Cette église a été abîmée par l’office du tourisme qui y a installé ses quartiers. C’est la dernière église franciscaine des 32 églises que compte Potosí.

 

 

Parmi les superbes balcons coloniaux, je suis tombé chaque fois en arrêt devant les Balcons de la calle Ayacucho.                     Photo

 

 

Ce soir, une fête magique, comme rarement j’en ai vu. Trombones, trompettes et tambours, des gamins dansent synchro de 9 à 17 ans. La fête de la musique en France, Jack Lang en tête peuvent venir faire un stage ici. Les instruments à vent crèvent la nuit, les rythmes des danses réchauffent la ville, les drapeaux dansent dans le vent, superbes, rico!!!                     

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23/08/2002: Potosí. Balade dans la ville.

 

Dieu que le soleil éclaire bien cette ville. Je pars faire connaissance avec les nombreuses églises. L’Iglesia de Santo Domingo se reconnaît à ses six cloches (Photo), puis L’Iglesia De la Merced (Photo)

 

            Les femmes, assises dans la rue ou sous un porche vivent à un autre rhythme. Potosína vestimenta typica

 

            J’ai droit à un peu d’éducation potosi-culinaire, etme fais prendre en charge par ma guide bolivienne pour manger un plat typique : Maiz pelado ( mote) alado  llaxhua o ají ( A côté, l’éternelle sauce piquante ! ).

 

            Puis un Plato tipico k'arapurca avace de harina de maíz ( Et avec une pierre chaude au fond, non comestible ). En gros plan, le plat évoque à s’y méprendre un volcan irlandais légèrement épicé.

 

            Balade digestive... Le train ne siffle plus ici depuis trois ans. Photo. Je retourne des faubourgs vers la ville. On ouvre tout juste la procession de Saint Bartholome, patron des potosínos. Il se promène crânement dans les rues de la ville mais il faut dire qu’il a une fière allure. Musique! 

            La procession est superbe et se termine dans la cathédrale. Les militaires attendent à l'entrée, on  dépose le señor pour que les fidèles puissent lui baiser les pieds. Les milliers de confettis accumulés sur sa cape sont ramassés et empochés par les potosínos. Ils sont sensés leur apporter de l'argent!

 

            Arco de Cobija o puerta de entrada al ciudad de potosí en la época colonial  La cerro Rico, ( la riche colline ) est visible de la Puerta.


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Les deux musées à ne pas rater sont celui de la monnaie et le couvent-musée Santa Teresa. Etant le seul visiteur, j’ai droit pendant 2 heures 30 à une charmante guide privée. Elle essaye de compenser mon espagnol par son élocution.

 

Ce couvent a été financé pour 2000 pièces d’or par les plus riches familles espagnoles qui y envoyaient leur seconde fille. Les pauvres ne voyaient plus leurs parents et communiquaient avec eux à travers une grille sous l’oreille attentive de la mère supérieure. Les malheureuses se flagellaient, devaient jeûner deux jours à tour de rôle dans une cellule décorée d’or et d’argent…

            Les dons fabuleux de ces familles ont permis d’acheter chefs-d’œuvre sur chefs-d’œuvre de peintures, de sculptures, de dentelles, broderies, retables en argent ou en or massif, tout cela contrastant tellement avec l’austérité du quotidien des pensionnaires.

 

            Les couleurs du cloîtres sont délicieusement sucrées, elles rappellent celles du couvent Sainte Catherine à Arequipa. Elles sont encore mieux distillées, et la lumière extraordinaire de cette fin d’après-midi me demandait sans cesse de rester. Ma guide agitait alors discrètement son fantastique jeu de clés... Il lui manque une clef, celle qui donne accès aux chambres des 15 dernières pensionnaires. Quand je lui demande le quotidien de ces hermosas du 21ème siècle, elle me répond seulement. ‘No se, no se ...

 

            Vous n’aurez droit qu’à la photo de la façade, car les photos sont interdites à l’intérieur... ¡ Quel dommage!

 


            La fiesta reprend le soir... Que nos majorettes et leurs accordéons semblent fadasses  comparées aux jeunes danseuses de la ville... Tout Potosí est à nouveau en effervescence. Pas d’uniformes, Seuls comptent la musique et la danse.

 

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Musique

¯¯¯

 

 

25/08/2002: Potosí – La fiesta de San Bartolomé

 

            La plus belle de Bolivie, m’a t’on assuré.

 

Ma guide Margarita est ravie de m’emmener à cette fête tout comme je suis heureux d’y aller. Elle me laisse le message suivant:


Alexis mañana no te olvides a las 10 de la mañan nos encontraremos en frente de la catedral para poder ir a la localidad de la puerta que esta a 20 kilometros de Potosì, donde se dà inicio a la festividad de San bartolomè o Ch'utillos 2002, solo eso por el  momento y portate bien.

 

            Elle m’attendra avec son amie Tatiana.devant mon hôtel. Un bus economico. Elle est sympa et sans cesse me lance des ‘mira, mira, ...’ pour me montrer la rivière polluée par le mercure des mineurs ( Traversée de la rivière en bus !!! ) ou le cortège impressionnant qui afflue  vers la Puerta vers ce village perdu dans la campagne.

 

            Je grimpe sur le baraquement municipal pour prendre des photos.

 

            Cette fête reste cependant pour moi un mystère. Stands, concours culinaires, un deuxième San Bartolomè (en ray-bans ??? J)  est promené suivi d’une sorte de cardinal. La foule se signe… Une fête colorée dans une foule on ne peux plus compacte. Je surveille poches, muchilla et appareil photo.

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            On se dirige vers une des deux petites églises ou on se tasse un quart d’heure. J’ai de la chance dans cette foule immense d’être peut être le seul touriste. 

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            Les paysans ont sorti leurs plus beaux costumes pour se faire photographier, fiers comme Artaban sur une mule. Fusion de la pachamama, de la St Bartalomè et du ciel azur. En espagnol, bleu est azur.

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Je perds vite mes deux amies dans la foule et grimpe sur la colline comme les autres. Pétards et chicha... L’évènement draine toute la région. Ils sont tous habillés de leurs plus beaux vêtements. Je fais figure de visage pale et triste avec ma polaire noire.

 

 

            Les gamins construisent des maisons de pierres plates qu’ils essayent de faire exploser à coup de pétards.

 

            Je sacrifie comme les autres à la tradition consistant à ajouter un cailloux sur les croix blanches du parcours jusqu’au sommet. Pas un potosíno ne se rappelle la signification de ce geste.

 

 

 

 

25/08/2002: Echappée vers Sucre

 

Echappée est le terme. Rien sinon l’envie de connaître Sucre, rien ne m’incite à partir. Les enfants continuent sans cesse à faire la fête dans les rues de la cité coloniale.
Mon taxi pour le terminal de bus se trouve loin d’un centre ville réquisitionné pour les répétitions des enfants. (Dimanche prochain, c'est le grand défilé dansant).


            Mon chauffeur m'explique fièrement qu'ancien mineur, désormais vieux taxi, il ne s'est pas acheté de chemises pour que ses 7 enfants puissent aller à l'université. Le regard brillant, il dégage du pare soleil de son taxi la preuve qu'un de ses fils est ingénieur système...
            Je suis assailli de jeunes filles à la sortie du taxi, au point qu'il verrouille toutes les portes. La star sort crânement du taxi pour entendre : "Sucre, Sucre, ...".

Comme un bernard-l'hermite (Sac à dos, sac ventral et banane) je suis prudemment le cortège féminin. Après quelques explications, je comprends que pour deux euros supplémentaires, j'ai droit à un taxi et une heure de bus en moins.

J'accepte mais mon taxi tarde à partir. Le sac à dos est dans le coffre ouvert. Le garçon-chauffeur s'assoit prêt à partir. Par manque de confiance, je sors mon sac... Les trois autres passagers me rejoignent avec deux immenses cartons. On veut accrocher mon sac derrière la voiture avec quelques maigres ficelles. Pas question!!!
Finalement, j'ai droit aux honneurs du gringo.
            La meilleure place devant, mon sac au fond du coffre, les autres bagages pendant derrière la voiture.

 

Ces deux heures trente de trajet seront un plaisir, un enchantement.... Tout est beau, rico, hermosa, lindo, merveilleux... Quels beaux contrastes entre les collines, les maisons, les habitants, la vallée, le ciel, ... Je referais ce chemin avec un tel plaisir.

 

Atterrissage toujours en douceur, climat tempéré... Bonheur... Ca fait du bien de se reposer un peu.

 

 

26/08/2002 : Sucre

 

Sucre:  158 000 âmes

            2790 mètres

 

On a pas l’air ridicule, enfin, lorsqu’on prend une douche à Sucre. Un jet chaud remplace les minces filets d’eau tiède sous lesquels on se recroqueville en claquant des dents. Et cela fait bien deux mois que dans une ville, je peux abandonner ma polaire.

 

Serais-je en train de changer? J’apprécie cette soudaine douceur.

 

 

Hostal  ¨Charcas¨
Calle Ravelo N0 62

Sucre

Bolivia

 

 

Un peu chéro, 50 sols et tout juste propre. Mais très bien situé.

 

Ma chambre: Le rideau ferme au choix la fenêtre ou la porte fenêtre.

 

 

 

            Musée du tissu ou el museo del arte indigenea ASUR :  Musée vivant puisqu’on y fabrique et on y vend les objets tissés sous nos yeux à des prix parfois astronomiques! Les communautés locales organisées en coopératives (ASUR) travaillent sous vos yeux. Précision, patience, beauté de ce geste séculaire et merveilleux. Musique

 

            Les indiens expriment sur les tissus leur imagination, conservant toutefois une unité stylistique.

 

            Musée ensuite étonnant que celui du couvent franciscain de la recoleta. Une orangeraie, l’ancêtre du couteau suisse, un cèdre millénaire, et toujours ce ciel bleu caressant la pierre blanche des arcades du cloître.

 

            Jouxtant le couvent et son école, un restaurant offre une terrasse qui ouvre un point de vue exceptionnel sur la ville. Je parle longtemps avec le patron italien. Lui s’exprime en anglais pendant que j’essaye de tenir la conversation en espagnol. Il a refait sa vie ici, après un divorce à l’européenne.

 

            Le soleil éclaire doucement sa terrasse, deux anglaises sont mollement étendues sur des transats, essayant de figer le sunset de leurs appareils jetables. Photo.

 

            Un millième gamin brun-bleu-noir essaye de me vendre le passage de son chiffon sur mes chaussures. Par trois fois ‘no’. Par trois fois, il tendra alors ses menottes de six ans à peine. Son regard misérable me suit longtemps. Six ans à peine. Qu’il est difficile de fabriquer cette corne qui permet de marcher. Et à quel prix mes amis!

 

 

 

 

27/08/2002 : Sucre

 

            Retour au restaurant mirador à 9 heures du matin. La vue n’est pas aussi belle que me l’avait promis mon ami italien. Mais elle mérite certainement les vingt minutes d’ascencion depuis mon hôtel. Et son expresso fait honneur à son pays.

 

            J’achète aujourd’hui mon billet pour le vol Santa-Cruz Chili. Le responsable de l’agence de voyage me fait traverser la ville sur son velosolex en direction de la Banca de America. A contre sens, sans casque évidemment, sous les klaxons... Il rit. Expérience. Confiance, Alexis…

 

            Visite du “Museo Charcas”. Il est formellement interdit de prendre des photos dans ce musée. J’arrive cependant à voler celle d’un tableau du peintre majeur de Bolivie, Melchior Perez Holguin, artiste qui fait la fierté des plus grands musées de Bolivie. Oeuvres très variées de l’époque coloniale et une immense représentation de Potosí datant de 1758. Je sors mon routard pour comparer son plan à la toile. La ville n’est plus la même. Tout juste reconnaît-on les places et la cathédrale. De très belles momies, elles seraient aussi célèbres que notre Lucie française.. J’entends le parquet grincer derrière moi... La gardienne du musée est à dix mètres. Impossible de photographier... Je me venge en visant sa casquette de mon objectif.

 

            Le cinéma de la ville programme un clin d’oeil à mon site...

 

            L’église de la merced... On vous ouvre le grand porche pour l’équivalent d’un euro. Mais la lumière doit rester éteinte!  On y distingue des retables invraisemblables en or. Un Holguin marron noir dans la pénombre, ... Le seul intérêt de la visite est de monter l’escalier en pierre pour se balader sur le toit.

 

            Et le soir, ce sont deux écoles qui mettent le feu à la grand place de Sucre. Musique, fanfare, etc, … Ils n’arrêtent pas ces boliviens !

 

Je passe une bonne partie de la matinée à l’Alliance Française pour graver mes photos sur CDRom. Un grand merci au sympathiques Eric et Daniel pour m’avoir prêter leur ordinateur.

 

 

28/08/2002 : Santa Cruz

 

Santa Cruz:     1 800 000 âmes

                        Ville la plus peuplée de Bolivie.

 

 

            Santa Cruz de la Sierra est une jolie ville coloniale au climat chaud et humide, située dans les grandes plaines orientales de la Bolivie. Ce sera ma dernière étape avant le Chili. Ville repos, peu de musées mais une région extraordinaire pour sa végétation et ses fameuses missions.

            Tout celà est un cher pour mon voyage (La jungle est à 100 dollars!), je me contente de profiter de mon premier hôtel à ventilateur, poser mes textes et photos dans un cybercafé et me reposer avant de prendre mon avion.

 

 

 

 

 

Le bolivien est peu bavard. Taxi ou fier paysan de la terre. Pauvre et musicien

 

La bolivienne est réservée. Forte mais dynamique. Habillée en blue-jean ou en costume traditionnel. Elle porte les plus beaux cheveux et les plus beaux tissus d’Amérique du Sud. Et, comment dire, elle a souvent un peu de moustache.

 

La bolivieille en forme de montagne de Potosí, l’enfant est balloté sur son dos ou mendie à côté d’elle dans la rue. Chapeau de paille rubanné ou chapeau melon.

 

Le boligamin est souvent un cireur de chaussure cagoulé, la main tendue en avant.

 

La bolicolière porte un uniforme classique, chemise blanche ou jupe plissée. Elle tient de sa main son amie pour aller à l’école.

 

 

 

 

 

 

 

ET LA SUITE AU CHILI ¡!!

 

LA BOLIVIE EN 13 SUBJECTIVITES :

 

            Pays:                                      JJJJL   

            Population:                            JJJJL   

            Paysages:                              JJJJL   

            Alimentation:                         JJJLL   

            ‘Bon marché’ de la vie:        JJJJL   

            Etat des transports:              JJJLL

            Communication, Internet:     JJJLL    

            Propreté:                               JJJJL    

            Envie d’y retourner :            JJJJJ   

            Villes préférées:                   Potosi, Sucre, Sant-Cruz

 

            Mots les plus entendus:       frio

 

            Pas Glop:                               La Paz et les 40 voleurs

                                                           La liaison Bolivie-Chili

 

            Glop Glop:                             Les paysages, les vallées

                                                           La fiesta de San Bartolomé

 

            Impression générale:            Contrastes et lumières de paysages doux.

                                                           La Bolivie est toute aussi accueillante que l’Equateur.

 

            Regrets / Pas le temps:        Les mines de Potosí. Santa-Cruz de la Sierra.