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16/06/2002 : Arrivée en Equateur !!!

 

Premier jour en Equateur.

Quito. La deuxième capitale la plus haute du monde après La Paz.

Marc, un compagnon de route rencontré à l’aéroport de Caracas et moi-même essayons de négocier les 4 dollars que demandent le taxi pour aller à l’hôtel (Marc) ou chez mes hôtes.

Ah oui, je vous ai pas encore raconté que la veille de mon départ, Valentin, un ami de mon père m’a proposé de me recommander auprès de ses amis à Quito. Le rêve pour une première étape sur un continent.

27 heures de trajet et 1’heure d’arrivée tres matinale, je cède aux quatre dollars et à la guerre de position des taxis. Un gardien m’attend devant l’immeuble.

Accueil extremement gentil et chaleureux de Mercedes et Fernando.

La maison est somptueuse. D’immenses baies vitrées donnent sur un magnifique panorama. Le Quito colonial sur une façade, le Quito moderne sur l’autre. Et vue sur le volcan Pichincha de la cuisine.

Quelle vue mes amis!!!

Je dors à peu près correctement.

 


17/06/2002 : Découverte des alentours

A mon réveil une femme de ménage, d’une discrétion totale, me prépare une papaye ( muche boneo ... ), un jus d’ananas fraîchement presse, et un bon café.

Une nurse s’occupe du grand père qui est un peu fatigué, et mon chauffeur m'attend. Pour me balader où je veux !

“Pare” me dit Mercedes, mon hôtesse. “Pare” c’est pour arrêter le carrosse (une 4X4 rouge) et prendre des photos. ¿ Que rêver de plus encore une fois ? Il y a quatre jours je ne connaissais pas cette famille et pensais dormir dans un hôtel rustique à 8 $ la chambre.

Premier essai internet pour rassurer la famille et premières déceptions... Le réseau ne supporte même pas la lecture des emails. Mon chargeur de batteries (Appareil photo numérique acheté la veille du départ de Paris) ne comprend pas les 110 volts équatorien et personne ne connait ici les ports USB pour décharger mes photos et vous en faire profiter pleinement...

¡ Grosse déception donc !

Repli stratégique vers le chauffeur et ma première vraie leçon d’espagnol. Assimil en poche, je me dirige vers “La Mitad del Mundo”, facile à traduire : “Le milieu du monde”:

Latitude = 0’0,0 Longitude 78’27,08.

Bon, c’est un lieu à touriste. J’ai pu franchir 20 fois le cercle magique en moins d’une minute sous le regard amusé du chauffeur.

Photo ...

A coté, un petit pavillon français abrite un musée qui retrace les étapes de l´expédition dirigée par Charles De Condamine. Sa mission était de mesurer la courbure de la terre par l’ancienne méthode de triangulation et ... il a définit ici une unité de mesure : Le mètre !!!

L’appétit me chatouille. Je mangerais bien un cochon d’inde ou deux.

Nous sommes dans une usine à touristes qui présente finalement très peu d’intérêt hormis ses aspects historiques et géographiques.

Guide en main, je demande à mon chauffeur privé ( ça fait bien ) de prendre la route vers le cratère ‘Pululahua’. Vue superbe sur la cuvette du volcan. Cultures et habitations.

La faim me cisaille. Je demande au chauffeur sans képi de se mettre en chasse pour deux cuys (pron. Couilles) ou cochons d’inde, spécialité nationale.

C’est en vain que l’on trouvera des cuyes à moins de 12 $ pièce. J’abandonne la paire de cochons d’inde convoitée aux restaurateurs qui doivent « s’en faire en or » selon l’expression française.

De toutes façons, peu de choses à manger dans une cuy... Alors, bœuf, maïs, frites et cerveza, ... mon chauffeur est ravi.  Moi aussi.

Retour dans un autre cybercafé ou je rejoins mon compagnon de route, Marc, qui s’est fait escroqué la veille. Son taxi l’a laissé devant un grand hôtel ou il devait faire le change de ses travellers. Il a dû dormir avant de pouvoir faire le change. Bien évidemment, tarifs de l’hôtel hors de prix et taxi envolé.

Un autre cybercafé. J’arrive enfin à écrire et à recevoir. Pour les photos, pas de solution à l’horizon.. No way !!!

Bon, j’échange en espagnol. C’est vrai que ce n’est pas si compliqué de parler comme une vache française.

L’Equatorienne de Quito :

 Petite et habillée année 60, elle n’est pas très élégante. Le nez busqué, elle est lourde et sans attrait.  Elle devient jolie quand on lui demande son chemin. Son visage alors s’éclaire de grands yeux noirs et d’un superbe sourire. On tombe sous le charme.

 

 

 

 

18/06/2002 : Musée, Internet et karaoké

Encore un extraordinaire petit-déjeuner avec un jus  de Naranjilla ( Petite orange typique en Equateur ).

La matinée est très réussie.

Je découvre le musée de la fondation Grusayamin.

C’est un très grand peintre équatorien tres marqué par la souffrance, l’intériorité et les racines de son pays. Des triptyques religieux au baroque, son sens exquís de la vérité saisit les formes et les couleurs. Il mélange le calme et le tourment, c’est beau et contradictoire. Un grand peintre de la vie et de son époque.Une découverte.

Son jardin est magnifique. J’ai envie de tout prendre, de tout emporter...

Photo ...

Après-midi perdue dans un cybercafé. A 16h30, tous les musées sont fermés. J’aurais dû organiser différemment ma journée. Mon ami Raphaël n’arrive toujours pas à m’aider. En fait, dans un café internet on se retrouve en général avec notepad sans aucun outil et une très mauvaise liaison.

Désolé pour ceux qui attendent la carte, les mises en formes des textes, les photos et les redirections mais ça devra attendre ce week-end :-(

Le soir est somptueux. Je rentre un peu dépité et on passe avec Marc devant un karaoké. Il n'est pas chaud pour entrer mais j’insiste pour nous y arrêter. Même dix minutes. Un karaoké à Quito, ce doit être quelque chose.

On y est resté en fait plus de deux heures à discuter en anglais ou en espagnol.

Imaginez un peu cet établissement: On nous fouille à l’entrée. Mon couteau ne les intéresse pas, le gardien cherche un pistolet. En haut des escaliers, un comptoir, des tables, trois écrans de télévision montrent des orchidées sous-titrées style karaoké et, le micro à la bouche, une vedette anonyme chante en s’époumonant façon ‘Rulio des Eglises’.

Pour apprendre l’espagnol, il n’y a pas mieux. L’ambiance et les chansons sont très ‘années soixantes’. On discute rapidement avec nos voisins de comptoir. Echange d’adresses avec les propriétaires de l’établissement. Superbe et insolite moment !!!

Je dors mal. Saignements de nez à répétition du fait de l’altitude.

 

 

 

19/06/2002 : Vers Ibarra : Journée folle, Bus vers Ibarra, sac égaré

Rassurez vous, tout se terminera bien… Le backpack sera retrouvé… Après une nuit tumultueuse, je paquette un mini-sac pour aller vers une petite ville au nord d’Otavalo : Ibarra.

Mon compagnon m’attend à une terrasse de café, le ventre barbouillé, assailli par des marchands en tout genre.

Un homme est assis en face de lui et le “croque”. Enfin, il le stylise, le portraitise. Il le dessine, quoi... Comme ça, par goût du crayon. Ce type a un bon coup de patte, mais il semble avoir pété un fusible depuis longtemps. Marc éclate de rire.

Une femme propose de nous vendre une boite à dessin tandis qu’un autre homme déballe sa marchandise : Des tableaux immondes style naïf  ... Des lamas, des volcans, des Équatoriens ... Pas besoin de vous faire un dessin.

Des que Marc est croqué, l’artiste fou commence à dessiner le peintre aux tableaux immondes et je propose à la vendeuse de gouache de vendre sa camelote au barbouilleur naïf.

Le fou-rire gagne même les protagonistes, puis toute la terrasse, tandis qu’un cireur de chaussures ambulant nous propose ses services. Je lui montre nos tennis et, pas découragé, un marchand de lunettes de soleil nous propose une seconde paire à chacun. Passe ensuite un type vendant une vingtaine de balais qui est rejoint par une pauvre femme nous demandant la pièce. Tout ceci en dix minutes.

Bon, on arrive pas à décoller. Le dessinateur fou est en train d’écrire une epitaphe (sic) sur le livre de bord de Marc…

Impossible de garder son sérieux et de s’arracher de ce tourbillon... Départ vers la banque pour changer les billets...

 

Le problème des billets verts ...

La monnaie nationale du pays est le dollar. Jusque là, tout va bien.  ¡ Mais c’est LE dollar ! Point d’exclamation à l’espagnole

Essayez de payer avec un billet de 5 ou 10 dollars et vous aurez invariablement leur réponse …  ‘Pas de change. No cambio’. En fait, il y a une telle contrefaçon de faux billets en provenance de Colombie, que seul le billet à l’unité est en pratique accepté.

Et bien, idem dans cette banque... Ils sont en rupture du précieux papier !!!

 

            On prend un taxi qui nous conduit vers le terminal de bus pour Otavalo – Ibarra.  Quand il est parti, on se rend compte qu’il nous a conduit à la mauvaise station. Furieux, on en arrête un autre qui ne comprend pas l’adresse indiquée par l’hôtel. Derrière ce même taxi, et à un feu rouge, le bus pour Otavalo

            Et là, les ennuis sérieux commencent. Sans nous expliquer pourquoi, on nous transfère de bus. Il doit partir dans cinq minutes. Achat de chips et d’eau minérale à 10 mètres … Deux minutes plus tard le bus est parti, avec le grand sac de Marc.

            Aucune info sur le bus. On hurle, on tempête, on appelle la police qui tranquillement nous indique … un taxi ^&*^@#( ![{})*&^%$#@!:!!!!!

            Vol? Inattention ??? On retrouvera finalement  le sac à Otavalo. Sans obtenir ni excuse, ni explication ...

            Otavalo, puis un bus pour Ibarra.  Un gamin collecte les 80 cents de la course dans le bus. Marc se débarrasse de ses 100g de bolivars pour régler. Le petit est désarçonné,  il ne comprend rien à la monnaie vénezuélienne.

            Il essaye pourtant de rendre quelques pièces, Marc insiste pour lui laisser toute la monnaie lourde, inutile et sans valeur.

            Marché d’Ibarra très coloré et très animé. Achat vestimentaire à Mercedès, une poupée Ibarrienne d’un mètre cinquante maxi;  Lui parler me donne des courbatures dans le dos.

 Photo ...

 

            Mercedes est  habillée en costume traditionnel, des cheveux magnifiques et un sourire d’ange. Elle nous invite, comme ça,  pour la première communion de son amie, et nous promet ensuite une fête traditionnelle. On accepte bien évidemment cette proposition inattendue et inespérée.

            Ma première nuit à l’hôtel. Dix dollars pour deux. Propre et correct, une superbe terrasse. R.A.S.

 

 

20/06/2002 : Marché d’Ibarra, Lac Yahuarcocha

            Ibarra. En plein marché, les batteries de mon appareil photo me lâchent. :-(

            C´est là ou je me rends compte de l’importance que j´accorde aux photos partout où je vais. J'achète des piles qui ont une durée de vie d’à peine dix minutes... J’enrage.

            Coup de tromblon... Tout s´arrête. Il y a les curieux qui se tournent en direction de la police, le regard amusé ou indifférent des autres,.... et ma démarche, lente et souple, vers l´autre bout du marché. Je pense que nous sommes les seuls touristes dans cette immense foule.

            Des locaux me conseillent d´ailleurs de porter mon sac à dos devant moi.

            En route pour le lac Yahuarcocha. A 3780 km d´altitude il fait 2228 km de circonférence (Admirez l’inutile precision).

            D´immenses banquises de roseaux délirantes dérivantes traversent le lac à une vitesse extraordinaire. Le soir elles referont le même trajet en sens inverse. On est stupéfait, puis très amusé par ce spectacle insolite. En fait c´est impossible à décrire.

Photo ...

            Aigrettes et hérons cendrés, des pêcheurs au bord du lac... Un très bel endroit.

 Photo ...

            Marc, une tuile par jour, efface par erreur toutes ses photos. Mes batteries sont encore à plat...

            Avanti pour la cascade de Paluz près de San-Gabriel, en Colombie. Un autre bus.  ¨El buso coupo la musico latino por difuso un debilo video americano ¨

            Interminable ce bus...  STOP. Eucalyptus, maïs, haciendas, montagnes, maïs, acacias, vaches, eucalyptus, maïs, STOP.. ça ne s´arrête pas. On devait se baigner dans la cascade ... Tu parles ! Il fait froid, il pleut, on est prêt de la frontière colombienne, pas un rat ici... Quelques gallinacées comme partout. On rentre épuisés et frigorifies, la baignade est tombée à l´eau.

            Sur le retour la police arrête trois fois notre véhicule. Menacante, le képi fouille et demande les papiers. Il me dit sur un ton très sec style Gestapo : “Colombie?”. J’ai compris. Je réponds “Françia”, l’air le plus con possible. (Ok, je devine vos remarques. Si, je me suis quand même un peu forcé!!! ). Tout le monde rit, il n’insiste pas.

            Mais il embarque une famille complète. Je vois par la fenêtre que le padre sort ses dollars. Le bus partira sans eux ...

            On rentre à l’hôtel et nous retrouvons la “famille” du café d’à côté. Ils nous attendaient presque. Nous prenons un cours d’espagnol grace aux enfants et à travers des dessins.

 

 

 21/06/2002 : Otavalo – Fanfare

Otavalo : 50 000 âmes, 2535 m

            Otavalo et ses célèbres marchés. Mais sans les touristes... Déliberement, j’ai choisi d’éviter le grand marché du samedi pour visiter celui du vendredi

            Et nous tombons sur la fête des indiens. Une fanfare devant l’hôtel de ville. Ils sont soit déguisés soit en costumes traditionnels. Ce sont encore les enfants qui font le spectacle, portant des corbeilles de fruit et jetant des bonbons et des sucres (Ancienne monnaie Equatorienne).

Photo ...

            Le marché quotidien est déjà immense. Marc se poste dans un coin et photographie tout ce qui bouge. Il faut dire que tout est beau. Les costumes traditionnels de cette région sont d’une rare élégance et d’une simplicité à faire palir Coco chanel dans ses premières années. Deux couleurs, parfois trois. Jamais plus. Quelles couleurs, du bleu au violet,  blanc, noir ou crème. Chaque fois, d’une rare pureté. Le plus miséreux des vieillards parait habillé.

Photo ...                Photo ...           Photo ...

            Retour vers notre petit café à Ibarra, les yeux pleins des couleur, des sons et des parfums du marché … On nous offre un Coeur de noix de coco à croquer et de la banane sechée. Sympa. Je vous le dis, c’est la famille. Ils attendent d’ailleurs mes photos. Coups de soleil à  Biafine.

Demain on a rendez-vous pour la première communion de Jenny, l’amie de Mercedes. Les enfants nous aident à acheter un cadeau on ne peut plus kitsch. Mais ça donne l’heure et ca réveille.

 

 22/06/2002 : Première comunión

            Rendez-vous au marché avec Mercedes. Notre petite poupée ne sait pas ou a lieu la premiere comunión. On se laisse conduire de cathédrales en églises pour trouver.

            L’office est le même qu’en France mais la musique est plus sympa et plus rhythmée. Jenny est superbe, elle ressemble a une petite mariée.

 Photo ...

            On est invité au repas familial dans leur casa. J’embarque sur le plateau arrière du camion, les cheveux au vent dans la poussière d’Ibarra (Les cheveux, c’est pour le romantisme uniquement, en fait j’aurais bien aimé avoir de quoi  les laisser flotter). Bon, traversée sympa sous un soleil de plomb.

            On est recu tellement gentiment. Dans cette auberge Equatorienne, ca grouille de partout… Une bonne dizaine d’enfants, petits, sales et sauvages ( Moins de 6 ans ), ou plus grands devenus tous propres et gentils. Chez nous, on dirait qu’ils sont très bien élevés.  Les femmes sont et resteront toute la journée à la cuisine.

 Photo ...

            Les hommes discutent ou jouent aux échecs (Ils sont redoutables à ce jeu).  Et, chacun à leurs tour, ils prennent guitare, harmonica ou leur ‘piano buccal’ (sorte de mini orgue portatif à deux octaves) pour jouer l’air de la région. Sans arrêt. C’est tribal et répétitif, la mélodie tient sur une vingtaine d’accords.

  Ils m’invitent à danser. Ca devient encore plus tribal. Pas difficile du tout, une ronde saccadée. La seule difficulté est de tourner synchro avec le groupe.

 Photo ...

            Marc m’attire dans la cour : “Regardes, tu vas etre content !!!”. Vous avez deviné, des femmes sont en train d’enfiler des cochons d’inde. Des vrais pas ceux du restaurant !!!

Photo ...               

            Je goute. Ca se mange avec les doigts. On va dire que c’est de la peau grillée dans une excellente soupe au poulet.

            Un belge est échoué là. Il est parrain d’un des petits (enfants). Il se fait battre comme tout le monde aux échecs et prend des photos à la japonaise. Gentil, mais complètement dans un autre monde.

Retour à l’hôtel.

            Je décide de repartir, laissant Marc continuer à visiter les environs avec la sympathique famille. Pour cette dernière soirée, on met le feu (expresión marseillaise) au café à côté de l’hôtel. Musique et attroupements des Equatoriens médusés mais heureux de l’animation.

 

 

23/06/2002 : Pasaje à Quito

Retour à Quito.

            Fièvre et douleurs, pour le reste je vous passe les détails. Et j’ai laissé mon guide d’Equateur contenant mes précieuses notes à Ibarra ! Ca commence mal !!!

            Je suis tellement content de retrouver mes hotes du premier soir Fernando et Mercedes. J’espère avoir le temps pour leur raconter mes aventures. Ils sont charmants, et me proposent même un médecin. Je verrai demain si je peux partir. Fernando me donne de nombreux conseils pour le Chili. Je vais peut-être faire un crochet de l’autre côté de la frontière argentine ...

 

24/06/2002 : Quito - Ambato – Baños

Baños : 1820 m

            Au Kenya, les fenêtres des bus sont pris d’assaut  par les marchands et les mendiants. Ici, ce sont les couloirs de bus qui sont occupés à chaque arrêt : Chips, helados (les glaces sont très populaires ici), eau, coca, oranges,  etc...  Tout  le monde vend sinon essaye de se vendre, hommes, femmes, enfants, vieillards ou mendiants. Un  aveugle chante, attendant certainement qu’on se cottise pour le faire descendre. Le chauffeur du bus monte le son de la musique ...

            Il pleut légèrement… Le soir, il tombera à verses.

            Il fait froid à Baños... Une petite bruine glacée, j’explore les alentours… Une  jeune femme flaire le touriste.  Elle me propose un hôtel pour 3 dollars à 100 m.  Elle n’est pas aimable pour un cents mais qu’importe.  Mon sac pèse 17 kg !!!  Le soir, il tombe des cordes.  Alors si l’idée semblait bonne, je ne m’attendais pas à :

 

-   23  H          Les marteaux-piqueurs “martent-piquent” encore je ne sais quoi.

-   3    H 32    Les coqs sont déclenchés

-   4    H          J’avais pourtant emporté des boules “Qui est-ce ? “.  Ou sont-elles ?  Mais elle ma coupe la lumière !

-   4   H 10      Il me reste un demi stilnox.

-   6   H 30      Pas de rideau sur leur porte-fenêtre...  Bonjour Baños.

-   7   H 00      Ils m’ont déjà coupé l’eau. Je cherche un autre hôtel.

-   7   H 10      Je décide de manger du poulet à midi...

-   8   H 21      Changement d’hôtel. Hôtel Transilvania... Si vous passez  par là :

 

Hostal TRANSILVANIA, 16 de Diciembre in front of Pablo A.Suarez School

Telf.: 00 (593) 3741690 – Baños de Agua Santa.

Superbe terrasse, douche chaude, et vue imprenable sur l’Eglise (*) en centre ville, le tout pour 3 dollars.

 

(*) L’église c’est sympa mais il faut savoir qu’en Equateur, elles appellent les fidèles tous les jours pour la messe de 5 heures du matin. Quand on le sait, ça va... Pas besoin d’explications, le coq bien en pattes prends le relais dans la cour du voisin  suivi par tous ses cousins à plumes de Baños. Quelle plaie !!!

C’est très sympa.. La télé hurle, “Prrrrrrrrrrrr.......( 30 secondes  )”  l’Allemagne est en finale de la coupe du monde du football..

 

 

Gallo, “La Gallina”  “ ¡ASSEZ !”

 

            Ou réflexions sur notre instrument national (Coq se dit gallo en Espagnol)

 

            Rappelez-vous du coq (et de sa poule) des “nuits blanches” de St Petersbourg. Je n’ai  encore jamais eu l’occasion de parler de ceux du Népal que les bouddistes ne tuent pas mais retrouvent dans leurs assiettes, de ceux des singapouriens qui n’élèvent que ça faute d’espace (Trois poulets au m2),  de ceux qu’on retrouve au fond de chaque cirque de la Reunion, ... Et en Australie, en Afrique, aux Minguettes, on est toujours entouré de poulets, c’est hitchkokien...

 

            Petit, compact et souvent chatoyant, il a une densité phonique incroyable. Le son est au coq ce qu’est le saut à la puce.

 

            ¿ Comment ça il chante? Ceux qui parlent de chant n’ont de leur vie jamais entendu de rossignol, foi de Solovieff... Il est intéressant de noter que l’animal est capable d’accentuer son son con en fonction du pays ... Mais un je ne sais quoi fait qu’on le reconnaît toujours.

 

France             “Cocorico”

Allemagne        “Kikireki”

Angleterre        “Doodle goodle” ( A verifier dans un dico )

Equateur          “Tereveille ...  Jsuisreveillé.... Tereveille... Jsuisreveillé.... “ ( Concerto pour deux coqs – Baños, 24 juillet 2002, 3h32 )

 

 

 

            Ca commence donc à 3h32 du matin et ça s’arrête quand les stupides gallinacées sentent qu’ils doivent reposer leurs cordes vocales.

 

 

 

 

            Mes économies fondent, Baños est cher... Exemples de prix :

-          Mais avec mayonnaise, sel                           1$

-          Baña               ( Thermes )                            2$ ( 1$ pour les locaux )

-           Lavage                                                          1$100 / Kg

-          Excursion dans la jungle tout compris          40$ / jour / personne

-          Hôtel                                                             3 à 10 $

-          Internet                                                         2$ / heure à Baños, 1$ à Quito

-          Poulet + riz                                                   Entre 2 et 3,5 $

-          Bière                                                              1$ ( 2$ assis )

-          Téléphone National                                      4 à 5$ les 5 minutes

-          Location de Vélo                                           1$ l’heure

-         Un timbre Europe                                         1,1$

 

            Bon, je dois surveiller de près tout ca ... Sinon, je devrais rentrer avant la Nouvelle-Zélande.

Je sors avec Johan (Un “local” bossant dans une agence de tourisme) dans une boite de Salsa, tout près de mon hôtel. Bien dansé, c’est encore plus créatif que le rock. Et ils vivent tous complètement cette musique ces équatoriens...

            Baños signifie “bains”. Alors, fermez les yeux et imaginez ...

            Imaginez une piscine en plein air remplie par l’eau d’une cascade. Le bassin à côté est alimenté par celle d’une source thermale sortant entre 50 et 100 degrés. Et les douches tièdes sont chauffées aussi naturellement par les thermes.

            Donnez maintenant à cette eau des vertues médicinales et vous êtes certainement dans une des plus belles stations thermales d’altitude.

            Allongez-vous maintenant en essayant de regarder les étoiles à travers la vapeur d’eau (L’établissement est ouvert de 4h a.m. à 10h p.m.),   devant vous avez la cascade et la montagne. Après une journée de marche, vous pensez vivre un des moments les plus agréables de votre existence.  

            On est Bien à Baños...

            Et les activités ne manquent pas non plus : Randonnées à pied, en VTT ou à cheval, rafting, escalade du volcan, visite de la jungle et des indigènes. Enfin un vrai cocktail.

            Et moi dans tout ca ? ... Je respire... Sans être Michel SIFFRE, j’étais curieux de ma relation avec le temps. Eh bien j’ai aujourd’hui l’impression de m’arrêter pour la première fois. En deux jours, j’ai dévoré un english book,  pour la première fois depuis des années. Ceux qui me connaissent un peu savent que j’ai toujours eu autre chose à faire.

Le temps coule doucement, enfin !

Orientation :

Je décide de monter au El Mirador Virgin qui est un chemin de croix perché au dessus de la ville.

“Tu prends le petit chemin après l’hôpital” m’indique un bañossien. Je grimpe. Un “Y”. ¿Droite? ¿Gauche? J’écoute mon instinct. Le chemin se rétrécit lentement, doucement, j’ai envie de dire insidieusement. Je suis surpris de voir des choux sauvages au bord de la route, puis des citronniers, des bananiers, des orangers, du mais, ... Hummm bizarre.

Ma chaussure devient plus grande que le chemin et la terre humide glisse de plus en plus. Un doute m’assaille... Il me reste deux solutions : Faire demi-tour ou rejoindre le petit sentier au dessus en traversant à quatre pattes un champs de mures.

Avanti. Le sentier s’avère être une bordée de terre... Et me conduit vers une petite cascade.

Hola, hola !!! Hola Senor’. Sur la droite surgit de je ne sais ou une petite Baba-Yaga équatorienne, la tête en forme de figue. ‘No salida Senor’

Je suis chez elle apparemment. Elle me parle de sa vie pendant un quart d’heure, trop heureuse d’avoir une visite.

Mon légendaire sens de l’orientation m’a permis de rencontrer cette petite fermière ermitant avec son chien.

            Une heure plus tard je rejoins le Mirador par le bon chemin.

            Je m’invite à la fête d’une école catéchistique et couleurs. Photo

28/06/2002 : Jungle Tour - Alexis cherche un compagnon – Stop – Urgent

 

En fait, ça fait trois tours que j’attends le lendemain pour un départ dans la jungle avec mon pote Lucas, guide touristique. Mais impossible de trouver le compagnon qui me fera partager les 70 dollars par jour de l’expédition. J’ai même changé leur accroche sur un tableau noir devant l’agence. ¨ Sympathique français cherche compagnon pour tour dans la jungle pour demain¨. Je ne vais tout de même pas chasser le touriste dans les hôtels comme certains me le demandent.

Une petite vendeuse me dit que je parle très bien espagnol. Je reste assis par terre !

En attendant, impossible de s’ennuyer. Petit trek vers Bella-Vista (Comme son nom l’indique) au dessus de Baños. Trois heures, l’idéal pour une après-midi.

Pas un nuage mais il pleut sous ce soleil de plomb. Pas un ! Quand finalement ils arrivent, j’ai froid mais la descente m’éloigne toujours plus de Baños. Un camion me propose de monter. Vingt minutes de route avec un paysan le mégot au bec, et muet comme un coq aphone ou une cuy grillée. Je ne sais pas dans quel état je serais arrivé tellement il tombe comme vache qui pisse (Expression normande). Grand seigneur, j’ai préparé un dollar pour remercier mon chauffeur bénévole. Juste avant de descendre, j’entends « Uno dollar señor ». Bon, un partout…

Je me réchauffe en prenant un café avec Lucas, mon potentiel guide belge. Il me parle sans contenir sa passion pour sa seconde famille de la communauté indienne qui l’a accueilli. C’est passionnant !!! Il a tout abandonné et s’est marié avec une petite de la jungle. Celle-ci a divorcé, le croyant mort alors que son européen était parti se faire opérer des jambes. Remariée, elle a voulu divorcer à son retour. Mais l’autre n’a pas voulu et elle a cherché a se suicider. Les femmes de la communauté ont décidé qu’ils peuvent vivre maintenant sous le même toit.

Je retourne trempé en direction de mon hôtel et croise un autre copain Canado-Russe-Equatorien, Sixto, qui prend la direction des thermes. En fait, il à  renie ce soir à ses riches et complexes origines puisqu’il refuse de m’accompagner dans les douches de la cascade, préférant celles réchauffées pour les  touristes.

Le soir, on se retrouve par hasard Lucas, Sixto et moi dans un café. Ils échafaudent un projet économique d’excursion en me collant sur un groupe… Et me font revenir sur ma décision de quitter Baños demain.

Dimanche et lundi j’ai un programme spécial dans la jungle concocté par mes deux potes de Baños.

 

 

29/06/2002 : Jungle tour  “Baños – Puyo – Cascada Escondida – Camp Intichuri  - Baños“

             

¿ Exotique comme titre non ? …

Bon anniversaire marianne.

             

            Sixto, toujours habillé en jaune taxi m’explique les détails de mon tour de deux jours et demi. 50 $ tout compris, c’est vraiment un cadeau,

 

            Alors, ces trois jours ? me direz-vous.  Hum Hummm… Je n’avais ni Lucas ni Sixto comme guide… C’était, hum, bien. Voila.

 

            Trois allemands (Papa, maman et Bodo) nous rejoignent, Walter (notre guide) et moi au terminal de Puyo. Puyo est la porte de la jungle, de la Selva. Nos germains sont partis ce matin en vélo et se sont un peu trop arrêtés pour faire des photos. Résultat, une heure de retard. Pour ce prix je ne peux pas râler, et j’ai adopté la devise des Equatoriens : « Momente,Momente, Tranquilo ». Mes co-touristes ne sont pas causant mais sont en famille. Pas d’autre choix que de faire deux groupes, mon vocabulaire allemand étant devenu quasiment inexistant.

 

            Alors, la rain-forest ? me direz-vous. Comme l’explique si bien Walter, c’est la RAIN-forest. Donc, de la ‘rain-forest’ on aura surtout vu surtout la pluie. Nos trois allemands, Walter, son chien ‘berger teuton’ Beethoven (Ca ne s’invente pas)   et votre serviteur arrivons au premier camp. Ouf, les indiens sont la, très occupés à suivre … la finale de la coupe du monde de football.  Et il y a qui en finale ??? Il y a qui je vous le demande ??? Brésil-Allemagne (Ca ne s’invente pas non plus ...)

 

            D’un pas leste et tranquille, nos sauvages font l’aller et le retour entre la cuisine et leur télévision. Un peu désabusé par la première impression je demande à Walter d’ou vient le sucre sur la table… Mais de la plantation de canne à sucre bien sur… Et quand je lui demande par quel miracle ils obtiennent cette blancheur immaculée, j’apprends que c’est un secret de fabrication.

 

            Immersion dans la forêt poilue. Je suis grippé à nouveau. Mais voilà de quoi me guérir assurément. Je goûte dans l’ordre, la poire sylvestre, les lemon-ants (De petites fourmis vivant dans la sève d’une feuille à goût citron). Les fourmis ont un abdomen plein de vitamines m’avait explique un jour un australien sur une plage mais celles ci sont tellement petites … Je reprends l’inventaire, des plantes médicinales, cette tige au goût de noix de coco, cette sève qui ralenti l’effet de la morsure de certains serpents, … On découvre divers colorants naturels, et on se badigeonné façon peaux-rouges  … Les orties apaisent ici les piqûres de moustique. Walter est presque horrifié quand j’explique que nos grands-mères en font des tisanes pour la digestion.

 

            Balade en pirogue sur la rivière Puyo.  Vraiment très sympa. La rivière étant à un niveau très bas, notre piroguier (Enfin le type qui pousse très élégamment avec un bâton notre embarcation) a du mal à nous pousser sur les cailloux. Cette balade est merveilleuse.

 

            La suite vire au comique.

 

            J’apprends que telle plante s’appelle « Rabbit ear  », l’autre un peu plus loin « Elephant ear  », ( Pas besoin de vous faire de dessins ), puis Walter nous fait le coup de tarzan hurlant sur sa liane. Il prend son élan et revient avec une grâce et une  légereté  qu’aurait apprécié sans doute Marius Petitpas.  Puis les trois allemands, la gorge déployée poussent chacun à leur tour leur cri sauvage et teuton. Je décline poliment l’invitation ( Je suis souffrant ;-) ). Ingrid n’a pas pris assez d’élan.  Il refait sa démonstration en insistant sur l’appui au sol comme l’aurait fait n’importe quel bon professeur de ski.

 

            Il s’élance dans le vide … et se trouve projeté sur un autre arbre… Ecrasé, comme un vulgaire moustique. Pas un cri, mais une sorte d’onomatopée étouffée, un tragique appel à l’aide… Bien sur personne ne rit, on se met à trois pour le décrocher, et, dignement, il consulte un peu plus tard le «noir» de sa cuisse dans les fourrés.

 

            Arrivée au camp Intichuri. Il nous explique, très contrarié, que le Boa (qu’on devait prendre en collier) est mort. On apprend aussi que les caïmans de la rivière voisine ne se montrent pas car ils n’aiment pas la pluie.  Il ajoute que, peut-être, c’est un caïman qu’on vient d’entendre sauter dans la rivière. Je pense diplomatiquement que oui.

 

            En fait, on aura vu quelques animaux … Beethoven, des fourmis guerrières, des poules, deux vautours et un superbe perroquet tout de même.

 

            Pas d’indien, peu d’animaux mais de superbes balades en forêt et en pirogue. On s’endort sous une pluie drue. C’est agréable, il fait bon. Je me réveille en face d’un paysage somptueux. La rivière Puyo est montée de deux mètres cette nuit, faisant disparaître nos pirogues. Elle doit se préparer à rejoindre le grand fleuve Amazone au Brésil.

 

 

02/07/2002 : Derniers Adieux à Baños – Riobamba

            Tout de même plus d’une dizaine d’amigos à saluer. J’ai l’impression de connaître tout le monde dans cette petite ville. Je raconte mes aventures dans la jungle à Sixto. Il est plié en quatre quand je lui mime les mésaventures de notre guide Walter accroché à son arbre.

            Sixto signe le livre d’or (Son email est dessus si vous cherchez un bon contact) et me conseille sur Riobamba.

            Riobamba n’a aucun charme. Elle est 10% plus cher que Baños. Sorti du bus, un taxi fait me fait faire le tour du pâté de maison pour me demander un dollar. Il recevra 80 cents. Et c’est cher payé !!!

            C’est la première nuit que je dors dans un hôtel pour 7 dollars. Mais j’ai une télévision et le lavabo est avec eau chaude, luxe oblige … Je conseille donc cet établissement hyper connu des voyageurs, le ‘Tren Dorado’.

 

 

03/07/2002 : Alausi ou le Devil Nose

             

Dans cinq minutes il est sept heures du matin.

             

            La gare de Riobamba  est en effervescence. La ville fête trois fois par semaine le départ du train le plus fou du monde. Son train !!!

 

            Trois wagons seulement, deux plates-formes et une vieille locomotive.  Les Equatoriens à l’intérieur et tous les touristes sur les toits. Les plus courageux d’entre eux ont réservé leurs places devant sur la droite et attendent depuis plus de quarante minutes.

 

            J’arrive juste à temps et prends sans le savoir la dernière place en haut de l’échelle. A droite et … devant.

 

            Sept heures pile. Le vieux train corne bruyamment de nombreuses fois. Une première secousse et il s’ébranle fièrement à travers les rues poussiéreuses.

 

Ni feu ni barrières, alors les automobilistes doivent écouter et laisser passer leur aînée, la reine de Riobamba. On a que sa voisine pour s’accrocher (Je suis devant un groupe de suédoises ;-)) sur le toit. Difficile de prendre des photos tellement on est malmenés.  Photo

« Train-stop », ferme d’autruches, gamins agrippés à l’échelle, le spectacle est à chaque carrefour. Et nous sommes salués par toute la ville comme si c’était le premier convoi. Nous sommes acclamés comme l’équipe de football du Brésil !!!

Ca secoue d’avant en arrière, et sur les cotés... Le train freine brusquement et sans raison. Un cheminot suspendu au marche-pieds fait signe au mécanicien que la voie est libre. Il surveille à chaque arrêt que les wagons sont toujours accrochés. Projeté plusieurs fois en avant, j’attache mon sac à ma jambe. Il faut se coucher pour éviter les branches des arbres.

On est tantôt chez Mickey dans un train fantôme, tantôt dans une montagne russe. L’ambiance est la même. Il n’y a plus que des gamins sur les toits des wagons. Ca hurle, ça crie et ça rie …Comme au manège, on a tous voulu être en haut. Quel bonheur !!!

Le décor poussiéreux et misérable des rues change en s’éloignant de la ville, on passe de la rue à la plaine, et assez vite on découvre un paysage verdoyant et ondulé.  Ca tourne sans arrêt. Le tortillard s’arrête.  On embarque des roues de wagon et des morceaux de chemin de fer. A chaque virage encaissé, le klaxon hurle, presque par plaisir… Ca fait presque un mois que le train n’a pas déraillé. Il lui arrive de faire demi-tour suite à des éboulements. Un camion s’arrête sous mes pieds, à vingt centimètres du train, il voulait certainement forcer le passage. On ris tous, aussi inconscients que le chauffeur du véhicule qui nous lance des ’Holas !’ goguenards.

Chaque croisement avec une route nous rappelle par une croix blanche que les camions n’ont pas toujours d’aussi bons freins. Peu importe, nous fonçons, ivres de vitesse. La chaleur de la locomotive me réchauffe par-dessus la polaire.

Le paysage devient cette fois désertique. On surplombe un ravin. Les rails ondulent, ma voisine ferme les yeux… Le convoi enjambe encore un vieux pont sorti tout droit du film de Jumbo l’éléphant sous les cris affolés  des passagers. Le torrent est au fond, sous nos pieds. Rien ne semble assez solide.  Mais qui a osé construire cela ?

Nous arrivons enfin à Alausi, en plein centre ville évidemment, et toujours salués par la foule.

Je descends de l’honorable convoi pour visiter une ville sans touriste à 2600 m d’altitude.

Il est midi.

Retour en trois heures de bus vers Riobamba.

 

 

 

05/07/2002 Arrivée à Cuenca

 

Cuenca :   Ou ‘Santa Ana de Les Rios de Cuenca’ ( C’est ¿Bonito, non ? )

                  3 ème ville du pays après, dans l’ordre, Guyaquil et Quito,

                  35000 ames ( Les Cuencanos et Cuencanas ) , 2535 m

                  Elu au patrimoine mondial cultural de l’humanité seulement en 1999.

Six heures de bus sous la pluie pour faire le trajet Riobamba-Cuenca. L’hôtel que m’avait conseillé une opticienne de Riobamba est à 28$ la nuit. J’en ai trouvé un pour 4$, mais je dois partager ma chambre avec un type. Ouche, il dort déjà à 19 heures et la chambre est séparée du bar par un mince rideau. Musique branchée, ça change de la radio locale servie dans tous les bus du pays. Je suis tombé dans le repère des backpackers de Cuenca l’hôtel ‘El Cafecito’.

            Demain je change d’hôtel !

            Une bougie sur une table ronde en bois, deux Equatoriens, le stylo sur mon carnet, le bruit et Sting en fond musical, mélange culturel, La vie… Ils me font goûter le plat typique de Cuenca, le ´Patacones’ ( bananes frites et fromage fondu, … ) , muche bene

            Le soir, première balade dans cette ville longtemps isolée, pas encore abandonnée aux touristes. Elle a du caractère, riche, belle et coloniale. Une cathédrale  blanche et bleue pastel, une merveille... Plus loin, c est la cathédrale ancienne fraîchement rénovée en l’honneur de la récente visite du pape… On se laisse envelopper par la pluie. . Je sens que je vais aimer Cuenca, je sens que j’aime déjà cette ville.

            Malheureusement, la ville est morte le samedi. Tous les musées ferment à 13 heures et les rares agences de voyage sont ouvertes de 10 heures à 13 heures … (Si, si …) La ville est encore préservée des touristes. D’ailleurs la route principale aurait besoin d’être refaite en de nombreux endroits. Ils ont même un accent, ces Cuencano. Ils parlent avec tellement de fierté de leur ville que je ne fais aucun effort pour  les croire quand ils parlent de la plus belle ville d’Equateur. La ville est sous l’égide de l’UNESCO depuis trois ans. Dans quelques années, les gringos afflueront et risquent fort de changer la physionomie de cette ville si tranquille.

 

07/07/2002 : Les ruines d’Ingapirca

Ingapirca signifie «Muro del Inca ».

            Une heure et demi de bus pour aller voir ces vieilles pierres. Pas foutu de trouver un guide travaillant le dimanche, je me résous à partir seul pour la journée. Et voilà une bonne économie puisqu’un guide est sur place pour répondre à nos questions. (J’ai rejoins entre temps un groupe de 4 norvégiennes et deux colombiennes). Il nous plonge dans les origines de Cuenca et de l’Equateur. Passionnant, j’achète un guide au musée d’à côté et reste plongé dans ces ruines pendant deux heures. 

            Impressionnant cette culture, résultat d’un mélange Inca et Cañaris, qui a coexisté pour le meilleur et pour le pire il y a un demi millénaire avant l’arrivée des espagnols. On est ici au cœur de l’Amérique latine. Les ruines sont dans un état remarquable, et les pierres sont aussi intéressantes que la balade fléchée. Une vieille équatorienne a sa maison plantée sur le bord du chemin, à l’affût du touriste. Elle m’attendait semble t’il et me sort tout ce qu’elle a déterré à plusieurs kilomètres à la ronde.  C’est certainement du vrai pré-colombien. C’est très vieux, très moche et très sale, mais sûrement authentique. Elle ne comprend pas mon manque d’engouement pour l’art inca ou cañari. Je suis sur que ces objets ont une valeur historique mais je ne suis pas André Malraux. Et je laisse son successeur piller le trésor que je laisse ici sans avoir daigné demander leur prix.

            Le dernier bus pouvant me ramener d’Ingapirqua à la ville la plus proche (Vernes) est parti à 16 heures. Il ne me reste plus que l’unique hôtel du village ou les dix dollars à partager avec les autres touristes piègs comme moi pour rejoindre en camion le bus de Cuenca. Je ne cède pas au racket et rentre dans une camionnette pour trois fois rien en compagnie des deux très sympathiques allemands.

 

 08/07/2002 : Adieux à Cuenca - Alberto

            Dernier jour avant la direction du sud de l’Equateur pour le Pérou (Loja et la petite ville de Vilcabamba). Journée consacrée aux musées et les premiers achats.

            Une échoppe de rien du tout, un vieux chapelier au regard pétillant accroche mon regard. Je m’arrête; Il attrape mon bras pour me montrer son atelier. Ses yeux parlent, remplaçant une voix dévorée vraisemblablement par un cancer. Fièrement, il étale ses nombreuses cartes de remerciements venant de partout, et surtout de France. Puis il me sort d’une épaisse pile de revues un Paris-Match qui flatte son talent. Ca fait 70 ans qu’Alberto a repris l’activité de son père. Vous avez compris, le vieux bonhomme et sa gentillesse m’ont conquis. Je repars coiffé d’un sombrero et avec la boite de Balsa qui doit l’acheminer en France signée d’un autographe par mon nouvel amigos.

Alberto Puella – Sombrero – Tarqui 6-91 – Cuenca, Ecuador. Tel. : 829399

            Le vieux chapelier exporte ...

            Malgré la beauté de la ville de Cuenca, on peut s’ennuyer ici. Mon dernier sport consiste à photographier la nouvelle cathédrale qui, comme toutes les églises du pays, se trouve curieusement excentrée sur la place et ne laissant aucun recul pour admirer ses superbes dômes bleu azur.

            L’astuce consiste à demander à visiter la suite de ‘l’hôtel El Dorado’, ouvir les fenêtres donnant sur les sublimes coupoles, hésiter longuement pour les 100 dollars de la nuit, prendre les photos convoitées, et le tour est joué.

            Après bien des conseils, je décide de me rapprocher du Pérou par Loja. Laurena et Maria me tendent un gros marker pour signer le mur de leur sympathique établissement. Je vous conseille cette adresse si vous n’avez pas peur des dortoirs. Les quatre lits de ma chambre n’ont jamais été tous occupés et l’ambiance générale y est très familiale. Au fait, si vous voulez savoir ce que j’ai écris sur le vieux mur de la casa, il faut que vous alliez au :

TINKU lodging – Calle Larga, 4-68 y Alfonso Jerves Cuenca. Phone : 07 838 520. Email : tinkuenca@yahou.es Ecuador

 

 

09/07/2002 : Loja - Vilcabamba

            Vilcabamba, village perché à 1500 mètres d'altitude, à quelques heures de la frontière péruvienne, dans une vallée au micro-climat très doux, réputée par sa qualité de vie et la longévité des autochtones. Voila pour la pub ...

            La ville connait la célébrité depuis 1995. Un journaliste du Reader’s Digest en mal d’article écrit qu’ici les vilcabambans ou vilcabambiens ou vilcaombres vivent vieux... Les scientifiques débarquent, confirment, contestent... Pour déduire simplement que les habitants sont ici en bonne forme. A la sortie du bus, racolage pour l’hotel ´Las Ruinas’. Le patron porte un tee shirt vantant le filtre jouvencal de la vallée. Je le regarde et lui demande son âge, à tout hasard. Il porte correctement ses années et cultive pareillement le sens de la dérision.

            Vicabamba doit joyeusement rebondir sur le ‘bamba’. Le village est sympathique, on s’y déplace à cheval ou en vélo et je vous confirme la douceur du climat. J’atteris dans un club med. de troisième zone, refuge à touristes anesthesiés au bord d’une piscine entourée de yaccuzi, saunas, bains turcs, vidéo, T.V., massages sur demande, etc ...

            Je suis néanmoins pressé de quitter ce paradis artificiel. Direction Office du tourisme. Pour 20 dollars, on monte à cheval au au Refugio Privado.

 

10/07/2002 : Alexis Crusoe

            Ce titre racoleur est sensé attirer le lecteur...

            J’ai décidé finalement de monter au refuge à pied. On me promet entre 5 et 6 heures de marche. Ma polaire ultra-compacte, une bouteille d’eau et de quoi me laver, le reste est disponible sur place...

            Un restaurant français. Je m’assure d’être sur le bon chemin. Bien m’en a pris; La restauratrice m’explique que je vais chez ‘André Léon’, l’oncle de son mari. Ils me donnent les clés et me conseillent de prendre de la nourriture... Le señor du syndicat d’initiative m’avait pourtant dit ...

            En fait ce mécréant  m’envoyait dormir à la belle estrella par près de 3000 mètres !!!

            Le chemin est dur, pentu. C’est la montagne sacrebleu. On ne descend jamais et chaque tournant est la promesse non tenue de descente. Pas un paneau, pas une indication, nado ombres... Vilcabamba est a 1500 mètres, Le refuge est sensé etre a 2700 mètres. Après quatre heures de marche, sans rencontrer ni repére ni âme qui vive, on considère naturellement l’éventualité de dormir entre les moustiques et la rosé du matin. On m’avait prévenu, le soleil et seul, il était plus raisonnable de démarrer le lendemain matin. Mais une nuit de plus dans ce panier à touristes, c’était trop pour moi.

            18h30 : Un aboiement puis, comme si tout ces stupides emplumés bigarrés de petite condition et de basse cour voulaient se racheter, ils me font entendre à cette heure incongrue leur cri guerrier.

            Ferme’ m’écriais-je. ‘Ferme !’. ‘Feeeerrrrrmmmmmmeeeee !!!’ ( Dans ces moments sublimes, on devient un peu fou ). Je travers deux champs, un troupeau de cochons en chaleur, pour ètre accueillis par ‘quatre-meilleurs-amis-de-l’homme’ transgressant les règles élémentaires de l’hospitalité et du savoir-vivre.

            Sort de la casa une petite femme, un oeil regardant chaque oreille, l’expression d’une sole restée trop longtemps au soleil. Stoique, un chien tirant hargneusement la jambe de mon pantalon, l’autre jambe accrochée caninement par un batard, j’explique ma condition de français perdu à 3000 mètres la nuit tombant au milieu de nulle part. Car j’avais toujours l’impression d’etre nulle part. La fermière porte sur moi son visage fixe et inexpressif avec parfois un mélange indescriptible d’incompréhension et de compassion . 

            Soudain, un vieux type aux yeux jaunes mais mobiles vient vers nous. J’arrive un peu à communiquer avec lui. Il me conduit vers les cabanes d’ « André Léon »  et m’abandonne à mi-parcours, le sourire et un dollar en poche, criant ‘A la deretchaaaa’ ...

 

            J’arrive aux cabanes. Elles sont fermées. Il fait nuit. Dans 10 minutes je ne verrai plus rien. Je sors mon vieux sifflet qui restera sans réponse. Je vais donc dormir ici .

            A quoi pense-t’on dans ces moments là me direz-vous ? A la famille et aux amis ? Aux difficultés pour rapatrier un corps si loin. Bon, je plaisante ....

            En fait, on pense au froid, donc à s’alimenter. Une petite cascade n’est pas loin, j’y vais à taton pour remplir ma bouteille d’eau et me laver. Pour le reste, je cherche la meilleure place pour dormir à la belle étoile. Le froid descend doucement.

            La boite de thon résiste à mon couteau. Mes mains. puis ma polaire puent le poisson.

            Un moustique... Ils sont là. Mon sombrero me protège la tête. Festoyez sans crainte satanés insectes,  je ne lutterai même pas. Cette fois vous pompez sans danger. Je tire quand même sur ma polaire pour protéger mes mains. Ils attaqueront sévèrement mes mollets.

            Je surveille les frissonements de mon corps que je sais nécessaires à l’auto-régulation de ma température. Réveillé par trois à quatre fois je ne bouge pas car la rosée est déjà autour de moi. Je suis tellement surpris chaque fois d’avoir gouté aux doux bras de morphée.

            Les estrellas son superbes et ne brillent que pour moi. Il fait bien sur un peu frais pour en profiter... Une goutte. Puis deux, mais ça passe à côté. J’attends le petit matin.

            7 heures. Cette terrible odeur de poisson mouillé... Un superbe lever de soleil enflamme la vallée au-dessous .

            Retour vers Vilcabamba.

 

11/07/2002 : El Mirador

            Enlevez-moi mes deux jambes que j’essaierai encore de grimper. Une croix blanche plantée sur un curieux massif en forme de cathédrale surplombe la montagne. C’est le Mirador qui surplombe la ville.

            Le sentier n’est bien sur pas indiqué Il traverse une ferme qui marque la vallée des terribles cris d’un cochon en train d’être égorgé.Au premier kilomètre c’est le spectacle silencieux du village rectangulaire et très clairement découpé.

            Je distingue en face le tracé de mon expédition hasardeuse de la veille qui se perd dans les nuages en un superbe arc en ciel. C’est à quatre pattes et le sombrero entre les dents du fait du vent que j’atteins la croix maculée des inscriptions des touristes.

 

12/07/2002 : Vilcabomba – Piura

 

            Le bus de la ‘Cooperativa Loja’.  Voyage de nuit. 9 heures de bus.

            Au dessus de ma tête une douzaine de canetons sont entassés dans un minuscule carton. ‘BIC – Mecho en Ecuador’.

            Je rêve! On fait désormais la course avec un camion citerne dans les lacets de la montagne. Révision d’espagnol en lisant les inscriptions sur le camion. ‘Liquido Inflamable’  Capacidad 4000 GLN’  Longitud 8 ms’.

            Plus lourd que notre bus, il nous double dans les descentes, on le dépasse quand la pente s’inverse à grands coups de klaxon.

            Mon voisin s’asperge d’eau de cologne. Il doit penser se laver. La riche végétation se transforme en steppe. Les bananiers, les ficus et les fougeres laissent leur place aux acacias aux chèvres et à la poussière. Le bus s’arrête plusieurs fois pour étudier comment négocier le contournement des chutes de pierre.

            4 heures de bus. Dans un décor complètement lunaire et fantastique des baobabs cuivres et rouges sont accrochés aux flancs de la montagne ocre-rose.

            17h30. ‘Servicio de Vigilancia´. Poste frontière et descente du bus. Guichet passeport.  Un type en tenue de camouflage vous note dans ses cahiers. 17h40, aucune différence a noter si ce n’est que le compteur électrique marque 240V au poste frontalier et non plus 110V. Nous approchons le Pérou.

            19h20. C’est le Pérou. Les vaches péruviennes sont totalement indisciplinées puisqu’elles ruminent stupidement au milieu de la route. En Equateur, elles sont attachées messieurs-dames. 4 dollars de taxe pour avoir perdu mon visa d’entrée dans mon guide touristique oublié dans un bus. 20 dollars si je récidive a la sortie du Pérou avec le papier qu’on vient de me donner.

 

 

ET LA SUITE AU PEROU ¡!!

 

L’EQUATEUR EN 13 SUBJECTIVITES :

 

            Pays:                                      JJJJL   

            Population:                            JJJJL   

            Paysages:                              JJJJL   

            Alimentation:                         JJJLL    

            ‘Bon marché’ de la vie:        JJLLL

            Etat des transports:              JJJLL

            Communication, Internet:     JJJLL    

            Propreté:                               JJJJL   

            Envie d’y retourner :             JJJJJ   

 

            Villes préférées:                   Cuenca, Ibarra, Vilcabamba

            Mots les plus entendus:       Tranquilo, Momente, Amigos.

 

            Pas Glop:                               Chaque service se paye un dollar minimum.

                                             Inertie des gens, et ils se plaignent beaucoup.

 

            Glop Glop:                             Gens très sympathiques et ouverts

                                             Fiers de leur pays ( Comme je les comprend !!! )

                                             Pays riche, contrasté et superbe.

                                             Les églises et les marchés.

                                             Quelle élégance vestimentaire !

                                             Hommes et femmes, des cheveux superbes.

 

            Impression générale:            Pays très attachant. Se visite en deux mois.

 

            Regrets / Pas le temps:        L’est et la côte.

                                             L’ascension d’un volcan

                                             Mes photos perdues, Cuenca inclus !!!